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Les nouvelles acquisitions

Sébastien Bourdon, Artémise faisant élever le Mausolée

Sébastien Bourdon, Artémise faisant élever le Mausolée © Musée Fabre de Montpellier Agglomération

Sébastien Bourdon (Montpellier, 1616 – Paris, 1671)

Artémise faisant élever le Mausolée

Vers 1663

Huile sur toile

D. 33 cm

Inv. 2012.5.1

Hist. : probablement vente du cabinet de M. de Mauméjan, Paris, 29 juin – 2 juillet 1825, n° 28 ; coll. Jacques Thuillier ; achat de la Communauté d'Agglomération de Montpellier avec l’aide du FRAM Languedoc-Roussillon, à la vente Thuillier du 28 mars 2012, Paris, ArtCurial, n°1.

Cette esquisse, provenant de la collection Jacques Thuillier, est l’un des rares souvenirs d’un important décor parisien exécuté par Sébastien Bourdon.

Après avoir séjourné à Rome, à Montpellier sa ville natale et à Stockholm comme peintre de la reine Christine, Sébastien Bourdon effectua un retour définitif à Paris en 1658. Il chercha à laisser des manifestations de son talent dans le domaine de la grande décoration, comme l’avaient fait Vouet, Perrier ou Le Brun avant lui. En 1663, Bénigne de Bretonvilliers, président de la chambre des Comptes, commanda à Bourdon la décoration de la galerie, voûte et murs, de son hôtel particulier situé à la pointe de l’Île Notre-Dame à Paris (actuelle Île Saint-Louis). Cet hôtel particulier, détruit en 1840, comptait parmi les plus somptueux et célèbres de la capitale qui valut à Bourdon « une gloire qui fut d’un prix infini » (Guillet de Saint-Georges, 1692).

L’essentiel des renseignements sur le décor est tiré de l’ouvrage de Guillet de Saint-Georges, Mémoires historiques des principaux ouvrages de M. Bourdon… lu à l’Académie le 7 juin 1692. La galerie, éclairée sur un côté par six croisées, était couverte d’une voûte en plein cintre composée de neuf grands tableaux illustrant l’histoire de Phaéton inspiré des Métamorphoses d’Ovide. Les murs latéraux étaient ornés de quatorze trumeaux sur lesquels étaient peints de grandes figures en grisaille représentant, sur l’un des côtés, les Sept Arts Libéraux, et sur le côté opposé, les Sept Vertus morales et héroïques favorables aux arts libéraux. Chacune de ces allégories était surmontée d’un petit tableau peint dont le sujet convenait à chaque Art et à chaque Vertu.

Ces quatorze petits tableaux sont identifiables grâce aux gravures de Jacques Antoine Friquet de Vauroze (1648 - 1716), élève de Bourdon, qui participa à l’exécution du décor. Nous savons ainsi que le tondo, Artémise faisant élever le Mausolée, symbolise Magnificientia, l’une des Sept Vertus morales et héroïques.

Seul souvenir peint d’un ensemble majeur pour la décoration civile parisienne au début du règne de Louis XIV, cette esquisse, traitée d’un pinceau rapide, est par ailleurs la seule peinture allégorique du fonds Bourdon du Musée Fabre qui comporte huit tableaux originaux.

Bibliographie : Jacques Thuillier, in cat. exp. Sébastien Bourdon, 1616-1671, Montpellier-Strasbourg, 2000 - 2001, n° 291.II.I, p. 405, sous le n° 291, pp. 399-407.


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