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Les nouvelles acquisitions

Philippe Hosiasson, Sans titre

Philippe Hosiasson, Sans titre © Musée Fabre de Montpellier Agglomération

Philippe Hosiasson (Odessa, 1898 – Paris, 1978)

Sans titre

1954

Huile sur toile

146 x 114 cm

Inv. 2011.1.2 

Hist. : collection Jacqueline Boissier ; don Jacqueline Boissier en mémoire de Pierre Boissier, 2011.

Après une longue période figurative, marquée notamment par sa participation au groupe Néo-humaniste fondé en 1924 par Waldemar, Georges Philippe Hosiasson passe à l’abstraction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Sa première grande exposition d’après guerre se tient en 1956 à la Galerie Stadler à Paris. Pour reprendre les mots de Michel Tapié, «Philippe Hosiasson est peut-être le plus américain des Parisiens d’Europe Orientale». On comprend sans peine cette déclaration au vu de l’oeuvre qui entre aujourd’hui dans les collections du musée Fabre, Sans titre, 1954, qui présente des analogies frappantes avec l’expressionnisme abstrait américain alors en plein essor (en particulier Clyfford Still, Adolph Gottlieb et Robert Motherwell). Depuis 1948, Hosiasson produisait une peinture extrêmement originale pour la scène française, travaillant plus par masses, champs colorés, que par le jeu graphique de lignes de forces, comme dans la peinture du jeune Pierre Soulages.

Sans titre, 1954, est sans doute la toile la plus emblématique de ce rapprochement franco-américain. L’été 1956, le peintre Helen Frankenthaler, épouse de Robert Motherwell, découvre à Paris le travail de Philippe Hosiasson et n’a de cesse d’y intéresser le marchand américain Samuel Kootz qui expose déjà depuis deux ans Pierre Soulages. Celui-ci lui achète 13 toiles (aujourd’hui à Charlottesville) et lui consacre chaque année une exposition jusqu’en 1960. Il faut pourtant attendre cette date pour que Philippe Hosiasson se rende à New York et rencontre Guston, Newman, Rothko, Noland auxquels il est associé lors de l’exposition « American and Europen Artist » à la Kootz Gallery.

L’exposition Philippe Hosiasson, les années 50, organisée au musée Fabre en 2009-2010, proposa un vaste panorama de l’œuvre de l’artiste, dont La Steppe, 1956, premier tableau de l’artiste à entrer dans les collections du musée en 2010. Autre tableau provenant de la collection Jacqueline Boissier, Sans titre, 1954, apporte un éclairage nouveau sur les relations artistiques franco-américaines, si actives dans ces années et si importantes pour l’histoire de l’art.


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