Aller au contenu  Aller au menu Général  Aller au menu secondaire  Aller à la recherche globale  Aller à la recherche de la rubrique 
> >

Les nouvelles acquisitions

Pierre Buraglio, SH Monk II

Pierre Buraglio, SH Monk II © Musée Fabre de Montpellier Agglomération

Pierre Buraglio (Charenton, 1939)

SH Monk II

1985

Toile réemployée, tôle émaillée

275 x 210 cm

Inv. 2011.18.1

Hist.: Collection Galerie Jean Fournier ; achat des Amis du Musée Fabre, 2011; don des Amis du Musée Fabre, 2011.

Pierre Buraglio avoue son admiration pour Simon Hantaï qui institue le « peindre à l’aveugle » en méthode. La notion de hasard irrigue toute sa pratique. Il récupère ses matériaux aussi bien sur les chantiers, chez les artisans, comme chez ses amis peintres. Ainsi pour la série TXT, Buraglio assemble des bandelettes découpées par Alain Clément sur les bords de ses toiles, lors de leur mise sur châssis. Pour ses Masquages, il travaille avec les rubans de papier collant que les carrossiers utilisent pour border les surfaces à peindre et masquer les zones à protéger.
La toile récupérée est d’abord tendue sur un châssis. Ensuite sont fixées les chutes de tôles émaillées, autre produit de récupération, que Buraglio utilise à la même époque. Ces barres de couleurs révèlent sur la face la structure du châssis porteur, d’ordinaire invisible. On retrouve ici le goût des artistes de la génération Supports/Surfaces pour la « déconstruction » du tableau qui a donné au châssis le statut d’œuvre à part entière.

En 1985, Pierre Buraglio est également un fervent auditeur de jazz ; ses notes de travail égrènent les noms d’Archie Shepp, Charlie Mingus, Max Roach, Jimmy Garrison… Leur musique baigne l’atelier, au point que l’artiste s’interroge sur les correspondances couleurs et sons. Achevée, la toile est baptisée S.H. Monk : il s‘agit d’un double hommage, à Simon Hantaï, qu’il considère comme le peintre le plus déterminant pour sa génération, et Thélonius Monk.

Le musée Fabre a consacré en 2009-2010 une rétrospective à l’œuvre de l'artiste, Pierre Buraglio: en planeur. A cette occasion, il a fait don de deux œuvres réalisées en tôle émaillée de récupération découpée : Metro della Robia (1985), et Padova (1987). Elles ont rejoint les dépôts concédés par le FRAC, Fenêtres (1982) ; Paysages (1990) ; Marine (1990), autres œuvres composées de matériaux de rebut, et qui dialoguent pourtant avec la tradition picturale. S.H. Monk (que le musée avait présenté en 2007 dans son exposition inaugurale La couleur toujours recommencée) vient donner à cet ensemble une cohérence à la fois formelle et chronologique. Pièce rare par sa monumentalité, elle rend explicite la formule de Pierre Wat qui qualifiait Pierre Buraglio de « peintre sans pinceau ».


Back