Aller au contenu  Aller au menu Général  Aller au menu secondaire  Aller à la recherche globale  Aller à la recherche de la rubrique 
> > >

Selected works

Martin Barré, 60-T-26

Martin Barré, 60-T-26 ©ADAGP, 2012 © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Martin Barré (Nantes, 1924 – Paris, 1993)

60-T-26
1960
Huile sur toile
140 x 130 cm
2009.2.1

Hist.: Paris, Galerie Nathalie Obadia ; acquis par la Fondation d'Entreprise du musée Fabre avec le soutien de la Société Générale ; don de la Fondation d’Entreprise du musée Fabre avec le soutien de la Société Générale, 2009.

Formé à l’Ecole des beaux-arts de Nantes, en classe d’architecture, puis de peinture, Martin Barré est l’un des acteurs les plus singuliers de l’aventure abstraite d’après-guerre. Au début des années 50, il abandonne totalement le langage figuratif. Inclassable, inventif, exigeant, il est l’un de ceux qui ont le plus apporté à la technique picturale, des années 1950 aux années 1990. Toujours sur la frontière du possible, Martin Barré a successivement utilisé le pinceau, le couteau à palette, le tube de peinture tranché et utilisé comme outil, la bombe aérosol (1960) avant de revenir à une peinture en aplats et au cerne. Sa grande science du coloris n’a d’égale que sa liberté de la ligne, qui parfois s’évade du tableau et se propage sur d’autres toiles, réunies en petites constellations. Travaillées par série, les toiles de Martin Barré présentent toutes une surface d’un blanc neutre tantôt marquée par une trace fugitive, tantôt parcourue de lignes fuyant l’espace peint, tantôt zébrée bord à bord par une série de traces parallèles. Son œuvre est nourrie par l’architecture car, pour lui, le médium pictural apparaît avant tout comme un « moyen de construction » (Eveline Notter, in cat. exp. Les Sujets de l’abstraction ) .

L’œuvre 60-T-26 est exceptionnelle par son format, 140 x 130 cm, et annonce dès les années 50 les châssis des années 70-80. Martin Barré témoigne ici d’une très grande maîtrise dans la composition, calée sur les limites du tableau dans un déséquilibre savant. L’œuvre, tout en dialoguant avec une certaine « tradition française » de l’abstraction ouvre, au tout début des années 60, des perspectives toutes nouvelles pour la peinture. La palette utilisée, pleine d’allégresse, tranche sur les camaïeux gris et marrons alors en vigueur, pour laisser s’exprimer le blanc de la préparation et la vivacité des bleus, rouge et jaune.

L'exposition Les Sujets de l’abstraction , qui a présenté deux toiles de Martin Barré, a permis de contextualiser l’œuvre de l’artiste en le confrontant directement avec ses contemporains (Francis Bott, Olivier Debré…). Elle a fait également écho aux collections contemporaines du musée Fabre. L’œuvre de Martin Barré 60-T-26 rejoint une autre toile de l’artiste, 80-81-168 x 156, dépôt du FRAC Languedoc-Roussillon. Le musée Fabre a entrepris depuis une dizaine d’années de constituer un fonds cohérent et représentatif de la peinture abstraite en France d’après-guerre. A l’ensemble déjà existant de la Seconde Ecole de Paris (Bissière, Vieira da Silva, De Staël, Poliakoff…) est venue s’ajouter la collection Soulages, un fonds Simon Hantaï, ainsi qu’un ensemble de dons et dépôts des artistes de la Galerie Jean Fournier. Le fonds supports/surfaces a été complété, en particulier en direction de Claude Viallat, Marc Devade, Vincent Bioulès, Pierre Buraglio.

Pour en savoir plus :

Catalogue de l’exposition Les Sujets de l’abstraction , écrit sous la direction d’Éric de Chassey et Éveline Notter, 5 Continents Éditions, Milan, 2011.